Quel sport choisir ?
Quelques commentaires s'imposent sur quelques sports:
L'athlétisme se pratique debout comme en fauteuil roulant. Les paraplégiques et les tétraplégiques réussissent bien dans les courses en fauteuil roulant, dans les épreuves de vitesse comme dans les épreuves de fond ou sur route. Rappelons le record actuel du marathon (1 h 20 pour parcourir 42 km 195). Pour les handicapés des membres inférieurs, les lancers se pratiquent debout plus souvent qu'en fauteuil. Enfin pour les non-voyants, l'athlétisme offre des possibilités remarquables pour les courses de vitesse, les lancers et les sauts, au prix d'un long apprentissage.
Le basket-ball n'est pratiqué qu'en fauteuil roulant. C'est un sport médiatique et attirant.. Il procure un maniement exceptionnel du fauteuil roulant et une endurance à toute épreuve. Y réussissent particulièrement bien les handicapés des membres inférieurs et les paraplégiques de bas niveau neurologique. Ceux de haut niveau neurologique pâtissent de leur mauvais équilibre du tronc.
La natation reste le sport praticable qui attire un grand nombre de jeunes. Y sont très performants les amputés ou les nageurs atteints de séquelles de poliomyélite. Les blessés médullaires obtiennent des résultats malgré leurs troubles du tonus et de la sensibilité.
Le tir à l'arc est aussi bien pratiqué debout par les amputés des membres inférieurs appareillés et par certains IMC qu'en fauteuil roulant par les paraplégiques et tétraplégiques. Les non-voyants pratiquent avec l'aide d’un système rétrocontrôle infrarouge à information sonore ou encore avec l'aide d'un système de repérage du bras d'arc dans l'espace.
Le tennis de table est pratiqué partout et par tous, soit debout soit en fauteuil roulant. Les tétraplégiques de niveau C7 peuvent pratiquer grâce à une adaptation de la raquette sur leurs mains paralysées.
Le cyclisme se pratique en solo ou en tandem. Les amputés d'un membre inférieur ou supérieur réussissent bien. Se pose le problème de l'utilité de l'appareillage qui sera à étudier pour transmettre les forces.
Le ski alpin est pratiqué avec brio par les amputés l’d'un membre inférieur, sans prothèse, utilisant un seul ski et 2 Cannes stabilo. Les paraplégiques pratiquent le ski assis, l'appareil étant constitué par une coque est un ski relié à celle-ci par un amortisseur.
Y a-t-il des avantages à faire du sport ?
La réponse à cette question vient de la comparaison des populations de handicapés sédentaires et de handicapés sportifs.
Les sportifs pour un même degré de déficiences ont une meilleure autonomie surtout pour les dépassements, une meilleure image d'eux-mêmes, une meilleure insertion.
Les bénéfices physiques :
Les mêmes que pour les valides, force musculaire, souplesse articulaire, coordination gestuelle, résistance à la fatigue et à l'apprentissage de nouveau savoir-faire : rouler, nager, tirer, skier, naviguer, monter un cheval, escalader...
Le gain de force aux membres supérieurs et au tronc et l'amélioration de l'équilibre permettent de mieux utiliser le fauteuil roulant, de mieux passer les obstacles, de mieux se servir des aides de marche. Ces bénéfices fonctionnels dans les activités quotidiennes sont obtenus rapidement.
L'exercice physique permet d'éviter les méfaits de l'immobilité : raideur articulaire, déformation orthopédique, ostéoporose d'immobilisation, désadaptation cardio-vasculaire, surpoids, et troubles trophiques... La crainte de ne pouvoir être présent à un rendez-vous sportif, quel qu'en soit le niveau, est un bon aiguillon.
Les bénéfices psychologiques :
Ils sont nets. De l'expérience acquise, depuis près de vingt ans, au contact des handicapés physiques sportifs, nous pouvons affirmer qu'ils acceptent mieux leur handicap, ont une meilleure image d'eux-mêmes que les sédentaires et sont plus entreprenants.
Les sportifs vivent l'activité physique comme un instant privilégié de relation aux autres, un espace où l'on parle d'autre chose que du handicap et où l'on oublie même sa différence.
Les bénéfices sociaux :
Intéressera le rééducateur qui se demandera si le sportif est mieux réinséré que les autres ?
Intuitivement, en observant ceux que nous côtoyons depuis des années, nous répondons oui. Cependant, nous voyons surtout les sportifs nationaux et internationaux, et beaucoup moins les sportifs du dimanche.
Si le sportif est mieux inséré,l'est-il parce qu'il est sportif ou devient-il sportif parce que bien réinséré ? Sans doute les deux ; mais, dans une étude réalisée en 1992 nous avons noté que deux tiers des sportifs l'étaient déjà avant que leur déficience soit survenue. Et lorsqu’ils sont interrogés, ils sont unanimes à répondre qu'ils ne font pas du sport parce qu’ils sont handicapés.
Sport et lieux de loisirs :
Les sportifs ont été les premiers handicapés à vouloir à accéder aux lieux de loisirs : stades, piscines, hôtels, salles de spectacles, vacances. Leur autonomie et leur aisance psychologique les poussent à aller loin géographiquement et dans l'exploit. Ils sont tentés par l'aventure et c'est ainsi que certains vont plonger aux Maldives, descendre un cours d'eau en canoë, ou participer à un raid automobile en Afrique... Un paraplégique fait du delta plane, un tétraplégiques incomplet du ski nautique, un poliomyélitique de l'ascension avec son fauteuil sur le dos, etc....
L'habitude de se débrouiller est pris à l'occasion des activités sportives , y compris de s'accommoder provisoirement d'un logement non adapté, ce qui permet ne pas restreindre ses déplacements.
Une caractéristique de l'état d'esprit des sportifs est de ne pas rejeter à priori un projet, d'en étudier les possibilités et d'en calculer les risques.